Registre Omcci : point de vue du patient sur l’impact du psoriasis sur sa qualité de vie après 1 an de traitement par le Tildrakizumab
Contexte : Le tildrakizumab a fait preuve d’une grande efficacité et d’une grande sécurité dans le traitement du psoriasis modéré à sévère lors d’essais cliniques. Le développement de produits biologiques pour traiter le psoriasis nous a permis d’atteindre des objectifs de plus en plus ambitieux. Cependant, les points de vue des patients et des médecins sur les objectifs thérapeutiques et la satisfaction à l’égard des traitements peuvent parfois différer.
Objectifs : Analyser l’efficacité et l’innocuité du tildrakizumab et l’impact de l’amélioration du psoriasis du point de vue des médecins et des patients., dans la pratique quotidienne, après 1 an de traitement.
Méthodes : Une étude prospective multicentrique a été menée chez des patients ayant reçu du tildrakizumab pour un psoriasis modéré à sévère. Des évaluations du psoriasis et de son impact sur la vie des patients ont été réalisées au début du traitement par le tildrakizumab et après 6 et 12 mois de traitement.
Résultats : Au départ, le psoriasis affectait profondément la vie des patients, 42 % d’entre eux montrant des signes de dépression clinique et 34,6 % présentant une atteinte génitale ayant un impact significatif sur leur vie sexuelle. Après un an, le tildrakizumab s’est révélé globalement efficace et sûr, même dans les zones difficiles à traiter. Le score du Psoriasis Area Severity Index a diminué de 13,6 à 2,3, le score de la composante mentale du SF12 s’est amélioré de 41 à 48,7 et le Dermatology Life Quality Index a diminué de 10,4 à 2,5.
Malgré ces améliorations, certains patients demeurent insatisfaits, s’inquiétant des rechutes et de la persistance de l’impact sur le plan mental de la maladie à long terme.
Conclusions :
Le tildrakizumab a confirmé son efficacité et son innocuité dans le traitement du psoriasis modéré à sévère. Cependant, malgré un bon contrôle de leur maladie, certains patients demeurent insatisfaits à long terme, ce qui soulève la question de l’impact mental cumulatif d’une maladie laissée sans traitement efficace pendant une période trop longue avant l’instauration d’un traitement efficace. Ces résultats suggèrent qu’un traitement précoce du psoriasis avec des thérapies efficaces est important non seulement pour cibler les cellules T à mémoire résidant dans les tissus, comme l’indiquent des études récentes, mais aussi pour potentiellement traiter la mémoire cicatricielle de la maladie chez les patients.
Reso et son Groupe d’Etudes Multicentriques OMCCI (Observatoire des Maladies Cutanées Chroniques Inflammatoires) relèvent depuis décembre 2020 un formidable défi : celui de suivre sur une durée de 4 ans plusieurs milliers de patients atteints des dermatoses inflammatoires chroniques (DIC) parmi les plus fréquentes que sont la dermatite atopique, le Psoriasis, l’Hidradénite suppurée et l’Urticaire chronique spontanée.
L’objectif de ce registre est dévaluer le fardeau de ces maladies, mais aussi et surtout :
- l’amélioration sur la durée de ce fardeau par la prescription de thérapeutiques innovantes que sont les biothérapies et les inhibiteurs de Janus Kinase (JAKi),
- les traitements systémiques conventionnels qui gardent certainement toute leur place dans l’arsenal thérapeutique,
- le handicap vécu par les patients et l’impact des thérapeutiques de façon comparative entre les différentes DIC étudiées.
Auteur : Dr Ziad Reguiai, dermatologue – clinique de Courlancy
Publié le 20/03/2025